Echos de la Butte Rouge n° 20

Sommaire

Editorial

La Butte Rouge dans la peau

Juin est le temps des cerises, ce bonheur parfait que l’on attend avec impatience chaque année, comme on attend le weekend pour se ressourcer après une semaine bien remplie. 

 

L’infolettre 20 vous parle de ces joies simples que de nombreux habitantes et habitants associent avec la Butte Rouge au gré des jours et des saisons. Qu’il s’agisse de la distribution des cerises aux enfants d’autrefois dans le square Paul Vaillant-Couturier, ou des tournées pour distribuer l’Huma Dimanche, dans les pierres de la cité-jardin sont gravés des souvenirs que nul n’effacera. 

 

La Butte Rouge, « on l’a dans la peau » !

L’association Châtenay Patrimoine Environnement

Le temps des cerises

Mais il est bien court le temps des cerises,

Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant

Des pendants d’oreilles,

Cerises d’amour aux roses pareilles

Tombant sous la feuille en gouttes de sang.

Mais il est bien court le temps des cerises,

Pendants de corail qu’on cueille en rêvant.


Extrait de la chanson Le temps des cerises, 1866

 

Les albums photos des habitantes de la Butte Rouge regorgent de souvenirs. Comme sur cette image découpée qui a fixé un moment-clé dans l’année pour de nombreuses personnes. Michèle la garde précieusement dans ses archives personnelles et raconte le délicieux temps des cerises à la cité-jardin : « C’est le Père Pujol qui distribuait les cerises aux enfants de la Butte Rouge, ils étaient sagement assis sur le muret de pierre du Square-Paul Vaillant-Couturier et attendaient patiemment leur tour ».

Le souvenir de ce plaisir estival est encore vif chez de nombreux anciens. Le Père Pujol veillait au grain, gare aux grappilleurs ailés et zélés, chacun son tour ! Le gardien des lieux enseignait surtout le partage aux enfants qui savouraient l’anticipation du délice dans la douce discipline redoublée par le muret de pierre arrondi. Ces mémoires du corps ravivent une architecture du bien vivre ensemble jusqu’au noyau des fruits. Elles témoignent d’un bonheur éphémère au temps des cerises de la Butte Rouge alors parsemée d’arbres fruitiers le long des chemins. On peut en trouver aujourd’hui encore dans les jardins familiaux*.

Voir infolettre 15

Paul Vaillant-Couturier

À la Butte Rouge, de nombreux noms résonnent comme des échos persistants de luttes et d’idéaux. Paul Vaillant-Couturier en est un. Écrivain et journaliste, il nourrit également de nombreuses passions artistiques, poésie, théâtre, opéra, peinture. Il participa à la fondation du Parti communiste français, fut député de la Seine pendant plus de dix ans et également maire de Villejuif de 1929 à 1937.

Né en 1892, Paul Vaillant-Couturier avait fait le vœu, après les tranchées de 14-18, de ne plus jamais laisser le peuple souffrir en silence. Il adhère alors à la section française de l’Internationale ouvrière et commence son activité de journaliste pour promouvoir et organiser des actions en vue de la paix entre nations. Il commence sa collaboration avec le quotidien Le Canard enchaîné et rencontrera Jean Longuet* qui dirige « Le journal du peuple et du populaire de Paris ». Vaillant-Couturier entre ensuite à la rédaction de L’Humanité qui devient le principal journal du Front populaire grâce à son dynamisme et à sa ligne éditoriale.

La Butte Rouge était une utopie concrète, un terrain vivant pour les idéaux de justice sociale, de dignité ouvrière et de culture populaire.

« Tous les dimanches matin, mon père distribuait le journal L’Huma Dimanche dans notre secteur, il avait gardé de nombreux amis dans le quartier des aviateurs* », se souvient Jean-François. « J’adorais ces moments passés autour d’une table, à discuter politique, même si j’y comprenais rien, il y avait des immigrés italiens, polonais. Puis, au printemps et à l’automne, après la tournée, mon père me montrait les coins à champignons dans le Bois de Verrières. »

Ces tournées matinales, parfois dans le froid ou sous la bruine, racontent une fidélité silencieuse à un idéal transmis de génération en génération. « L’Huma» n’était pas qu’un journal : c’était un lien entre les anciens camarades, une parole partagée sur les bancs publics ou à la sortie des écoles.

Jusqu’à sa disparition précoce, à l’âge de 45 ans, Paul Vaillant-Couturier jouit d’une grande popularité en raison de ses engagements et de son éloquence dans les rassemblements. Ses funérailles attirent des centaines de milliers de personnes dans une grande manifestation d’unité fédérée par le Front populaire.

* Voir infolettres 4 et 14

 

Actualités

La Butte Rouge à la Semaine Internationale l’Architecture de Barcelone

L’avenir de la Butte Rouge se joue maintenant au Tribunal Administratif : 

Le classement au rabais de la Butte Rouge (5 juillet 2024) permettra de détruire 50% de la Cité-jardin, tout en ne protégeant que partiellement les 50% restants : le recours des associations locales et nationales contre l’ arrêté de classement partiel en Site Patrimonial Remarquable (SPR) a été versé au tribunal Administratif.

Communiqué de presse du 20 août 2024

Bonus

Deux habitants de la Butte Rouge nous parlent de leur cadre de vie :

Source : Ordre régional des architectes

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